Partenaires terrain

Fédération des périmètres autogérés (FPA)

Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de Falémé (SAED)

Caisse nationale de crédit agricole su Sénégal

Partenariat pour la mobilisation de l’épargne et le crédit au Sénégal

Période de réalisation

2010 à 2017

Description

Le riz. Dans plusieurs pays, les précieux grains gagnent en popularité. En effet, depuis 15 ans, les Sénégalais en consomment deux fois plus. À vrai dire, le riz a remplacé les céréales locales, notamment en milieu rural, et représente aujourd’hui plus de 50 % de la consommation des ménages en céréales. Cependant, la production du Sénégal, grand pays d’Afrique de l’Ouest, n’a pas suivi la croissance de la consommation. Résultat : le Sénégal est un important importateur de riz, grandement affecté par la hausse des cours mondiaux. Afin de réduire cette dépendance aux marchés asiatiques, le projet Bey Dunde (« cultiver pour se nourrir » en Wolof) concourt à l’atteinte de l’autosuffisance en riz au Sénégal. Le projet appuie près de 8 500 producteurs et productrices de riz et il est prévu que leur production triplera d’ici la fin du projet, répondant ainsi aux besoins alimentaires de 600 000 personnes.

Elhadji Seydou Nourou Sy, producteur de riz et secrétaire général de la FPA, (organisation qui regroupe ses pairs) se réjouit que le projet de l’AAI soutienne la croissance de la production de riz et ajoute : « Je souhaite que ça permette aux producteurs de commercialiser leur produit de façon équitable. D’ailleurs, plus de 8 500 paysans sont touchés directement par ce projet et 51 000 personnes bénéficient de la rentabilisation des terres. Quand on considère dans le calcul les communautés qui achètent du riz, c’est plus de 600 000 personnes qui sont concernées! Grâce à Bey Dunde, nous allons pouvoir tripler la production de riz d’ici 2015. »

Afin d’atteindre cet objectif, Claude Phaneuf, volontaire Uniterra, agit sur le terrain comme conseiller en développement organisationnel. « J’aide la FPA à se structurer selon des critères de bonne gestion et de transparence. Par exemple, on doit s’assurer que les réunions des instances se tiennent de façon régulière et que les états financiers soient compilés et maintenus à jour. »

De plus, dans une perspective de développement durable, Bey Dunde fait la promotion de bonnes pratiques d’amélioration et de conservation de la fertilité des sols, de gestion adéquate des pesticides et des engrais ainsi que de préservation des ressources en eau. Tous ces outils sont nécessaires pour la culture de la plante, car elle requiert une humidité importante et demande donc une forte consommation d’eau. Cultiver pour se nourrir en pensant à l’environnement c’est cultiver pour se nourrir… longtemps.

Tout ce travail se fait en collaboration avec des partenaires institutionnels sénégalais. Entre autres, la Caisse nationale de crédit agricole offre aux paysans en début de campagne un financement pour la saison. La SAED élabore, avec l’appui du projet, un programme d’encadrement technique agroenvironnemental renforcé.

Ce projet est réalisé par l’Alliance agricole internationale (AAI), consortium formé de la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) et d’UPA Développement international (UPA DI).

Résultats

Grâce à des appuis financiers à la culture du riz, la production totale est passée de 25 000 tonnes à 70 198 tonnes en 2014-2015. Les superficies exploitées ont augmenté jusqu’à 10 366 hectares, alors qu’elles étaient de 6 591 hectares en 2009. Conséquemment, les revenus des productrices et des producteurs ont fait un bond de géant, passant à 913 $ CAN/hectare (2014-2015) par rapport à 565 $ CAN au démarrage des activités. En effet, les revenus des producteurs bénéficiaires ont été supérieurs à ceux des non-bénéficiaires de l’ordre de 42 % en 2012, 52 % en 2013 et 41 % en 2014.

Par ailleurs, le projet a rendu plus performante et accessible l’offre de services économiques aux productrices et producteurs, à savoir l’achat groupé d’intrants (semences et produits phytosanitaires), la production et la distribution de semences améliorées et la commercialisation collective. En 2016, le service d’achat groupé d’intrants a permis aux membres de la FPA d’économiser en moyenne 22 550 FCFA (environ 50 $ CAN) par hectare.

Le succès du service d’achat groupé se traduit par une augmentation du membership de la FPA. Ainsi, à la prochaine assemblée générale de la fédération, celle-ci verra le nombre de ses membres passer de huit à quinze. Cette croissance favorisera la pérennisation du service et contribuera au financement des coûts récurrents de la FPA.

Tout au long du projet, un vaste programme de renforcement des capacités a été mis en œuvre et a contribué également à l’atteinte de résultats concrets. Ce programme était destiné à la Fédération des périmètres autogérés, organisation paysanne partenaire du projet, à ses unions et à ses membres individuels. Il a permis notamment d’améliorer la gouvernance de la FPA ainsi que sa gestion administrative. Il a aussi permis de vulgariser de bonnes pratiques agricoles comme le placement profond de l’urée et l’utilisation sécuritaire des produits phytosanitaires.

Grâce aux actions de formation, information et sensibilisation sur l’égalité entre les femmes et les hommes, on a noté une nette progression quant au taux d’engagement et de représentativité des femmes dans les instances des unions membres de la FPA. Ainsi, alors qu’en 2011 les femmes représentaient seulement 2 % des membres des conseils d’administration des unions, ce pourcentage s’élevait à 25 % en 2015. Ceci s’est traduit dans certains cas par l’allocation de parcelles de terre aux groupements féminins. Des unités de transformations du riz ont également été mises à la disposition de 1 735 femmes regroupées dans six groupements villageois.

Le projet Bey Dunde devait se terminer en septembre 2014 mais, étant donné ces bons résultats, le gouvernement canadien a décidé de prolonger ses activités jusqu’en 2017. Ces mois supplémentaires permettent de poursuivre la structuration et la professionnalisation des services tout en mettant en place un fonds d’investissement. Ce fonds permet aux unions de bénéficier d’un appui financier pour construire des infrastructures d’entreposage, acheter des équipements agricoles ou mettre en place des unités de décorticage du riz.

Partenaires d’intervention :

Alliance agricole internationale, Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI), Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI)

Financement :

Affaires mondiales Canada (anciennement l’Agence canadienne de développement international)

Alliance agricole internationale

Axes d’intervention :

Développement des organisations professionnelles agricoles

Production agricole et environnement

Commercialisation collective des produits agricoles et autres services aux membres

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