Crédit photo : Gaëtane Fournier

UPA Développement international
Conseillère à la PROPAC basée au Cameroun
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Fille unique d’une famille agricole, Élisabeth Atangana était d’abord destinée, de par ses études en pédagogie, à faire carrière dans l’enseignement et non en agriculture. Le gène agricole était si bien enraciné en elle, que cette institutrice s’est sentie rapidement à l’étroit dans sa classe et a choisi la vie de paysanne, de productrice de porcs, tout en se battant pour l’avancement du monde rural.

Mettant à profit ses talents naturels d’animatrice sociale, elle crée en 1980 l’Association des femmes pour le développement durable d’Esse baptisée « Entre nous ».

La fierté paysanne, voilà la semence qu’Élisabeth Atangana a mise en terre. Cette semence a vite germé et a pris racine dans toute la région. D’ailleurs, c’est lors d’un rassemblement chez elle que « L’hymne du paysan » fut composé et continue d’être chanté à chaque réunion paysanne.

Élisabeth voit plus loin. La fierté paysanne doit se donner les moyens de ses ambitions. Début des années 90, c’est la crise économique au Cameroun. L’État suspend l’aide aux producteurs et abolit les services de conseils techniques. « Qu’à cela ne tienne, nous créerons notre propre maison d’enseignement », se dit-elle, et en 1991, la Chaîne de solidarité et d’appui au développement durable (Chasaadd), est créée. Véritable maison d’enseignement agricole, les jeunes y bénéficient, encore aujourd’hui, d’une formation par alternance en institution et dans les exploitations agricoles.

L’arbre du mouvement paysan grandit. En 1998, madame Atangana devient la présidente fondatrice de la CNOP-CAM, ce qui équivaut à l’UPA au Québec. Avec l’arrivée de 2005, elle fonde la PROPAC et en devient la première présidente. Son leadership est ensuite reconnu, en 2010, à l’échelle africaine comme première présidente de l’Organisation panafricaine des agriculteurs. Lors de l’Année internationale des coopératives (2012), l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) la nomme « Ambassadrice spéciale ».

Élisabeth Atangana demeure une femme rurale, pas prétentieuse pour deux sous, une agricultrice qui adore retrouver ses enfants et ses petits enfants chez elle, à la campagne, et qui voit grand pour la classe agricole de son pays et de son continent.