Partenaires terrain

Période de réalisation

Décembre 1998 à juin 2013

Description

Cette intervention est constituée de deux projets successifs, le Projet d’appui aux filières bioalimentaires au Burkina Faso (PAFBBF) et le projet de Dynamisation des filières agroalimentaires au Burkina Faso (DYFAB), qui se sont déroulés respectivement de 1998 à 2007 et de décembre 2006 à juin 2013. Inspirée par l’approche des Tables filières au Québec, elle visait une meilleure adéquation entre les produits des filières agroalimentaires et les besoins du marché, ce qui permet aux divers opérateurs économiques d’améliorer leurs revenus d’une manière plus équitable et plus durable.

Les Tables filières sont des regroupements interprofessionnels où se rencontrent trois grandes catégories d’acteurs (les producteurs agricoles, les transformateurs et les distributeurs/exportateurs) en vue de mettre en œuvre des actions concertées pour lever les goulots d’étranglement empêchant la filière de se développer.

Le premier projet (PAFBBF) a permis d’appuyer les filières bétail/viande, karité, lait et banane. Ce projet a été réalisé par UPA DI en collaboration avec Développement international Desjardins (DID) et Tecsult. Le deuxième projet (DYFAB), qui a appuyé les filières karité, lait et banane, visait à consolider les acquis du premier projet. Il a été réalisé par AECOM en collaboration avec UPA DI.

Résultats

Globalement, l’intervention a permis d’instaurer des Tables filières et de les dynamiser, d’améliorer l’offre de service des organisations professionnelles et de l’État ciblant chaque catégorie d’acteurs économiques, d’augmenter l’innovation au sein des entreprises et d’améliorer leur accès aux marchés. Ainsi entre, 2006 et 2013, les trois filières ciblées ont mis en œuvre un total de 27 actions concertées visant à lever divers goulots d’étranglement identifiés. De nombreuses actions spécifiques ont également permis d’accroître l’efficacité de chaque catégorie d’acteurs.

Dans la filière bétail/viande, de nouveaux joueurs ont fait leur entrée dans le secteur de la boucherie et fournissent des découpes à valeur ajoutée.

Dans la filière banane, les principaux goulots d’étranglement étaient au niveau de la production. L’encadrement technique de proximité et l’amélioration des pratiques d’irrigation et de fertilisation ont permis, entre 2007 et 2013, d’augmenter de 50 % les rendements à l’hectare. La promotion de l’utilisation de cagettes par les mûrisseurs et de kiosques et de parasols par les marchandes ont permis de diminuer significativement les pertes postrécoltes et d’augmenter de 10 % les volumes de bananes vendues. Une bourse de la banane a aussi été organisée. Au bout du compte, l’autosuffisance du pays en bananes est passée de 50 % à 96 %. La situation s’est également améliorée au plan environnemental, puisque 47 fermes ou exploitations bananières ont adopté, sur une superficie de 63,7 hectares, un système d’irrigation de type californien qui réduit beaucoup l’érosion des sols comparativement à l’ancien système gravitaire.

Dans la filière karité, l’accent a été mis sur la maîtrise adéquate des techniques et des procédés de transformation par les productrices de beurre et l’accompagnement des acteurs économiques dans la recherche et la consolidation de marchés. Une étude sur le potentiel du karité a été réalisée ainsi que des travaux sur l’évaluation des équipements de transformation et sur la stabilisation du beurre de karité. Au plan environnemental, on dénote une réduction de la consommation de bois et de charbon grâce à l’utilisation des foyers solaires améliorés ainsi qu’aux tourteaux de karité pour la fonte du beurre de karité.

Dans la filière lait, le projet DYFAB a accompagné les productrices et producteurs plus particulièrement dans l’amélioration de l’alimentation du bétail (production, collecte et conservation de fourrage), de l’amélioration des conditions d’élevage (fenils, étables) et dans l’amélioration génétique par le biais de l’insémination artificielle. L’intervention a également facilité l’accès aux semences fourragères et à la mécanisation pour la récolte et la conservation des fourrages réduisant considérablement les coûts d’alimentation des vaches. L’encadrement technique et l’aide à l’acquisition de réfrigérateurs solaires ont permis d’améliorer l’hygiène, la qualité et la conservation du lait tout en diminuant les coûts de production. En moyenne, les producteurs ont doublé en cinq ans la production laitière par vache et le lait produit localement a ravi une part du marché à la poudre de lait importée. C’est la productivité des vaches appartenant à des femmes pratiquant l’élevage laitier traditionnel qui a connu l’augmentation la plus considérable (elle a plus que triplé). Par ailleurs, des actions à caractère environnemental, réalisées par divers acteurs de la filière tels que l’installation de biodigesteurs et de réfrigérateurs solaires, ainsi que l’expansion des cultures fourragères ont permis, respectivement, de réduire de trois à quatre litres par jour la consommation d’essence d’une ferme moyenne pour la réfrigération du lait et de réduire de cinq mois le temps de pâturage du bétail dans la nature facilitant ainsi la régénération de la végétation.

Partenaires d’intervention

Développement international Desjardins (DID)

Tecsult

AECOM en collaboration avec UPA DI

Financement

Affaires mondiales Canada (anciennement l’Agence canadienne de développement international)

Axe d’intervention

Concertation entre les acteurs de l’agroalimentaire

Album photos