Partenaires terrain :

Cellule nationale et régionale nigérienne de prévention et de gestion des crises alimentaires, Services techniques étatiques déconcentrés, ONG locales

Durée :

2009-2013

Description :

À travers le monde, les femmes sont particulièrement vulnérables aux pénuries de ressources nourricières; elles sont à la base de la main-d’œuvre agricole et de la subsistance familiale quotidienne. C’est d’autant plus vrai au Niger, où près de 60 % de la population subit cette insécurité alimentaire. Dans les cinq communes de la région de Tahoua, où est intervenu le projet, au moins 80 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté, et plus de 36 % connaissent des situations d’extrême pauvreté en raison de ressources presque inexistantes dans la région : pauvreté des sols, déficits successifs au niveau pluviométrique et alimentaire, sécheresse et crises alimentaires, etc.

Le projet Femmes et sécurité alimentaire visait à assurer la sécurité alimentaire des populations ciblées dans ces cinq commune. Il y est arrivé en :

  • renforçant la capacité des populations villageoises et des conseils communaux à développer et maintenir un système de surveillance communautaire de la sécurité alimentaire;
  • favorisant un accès régulier aux céréales de base à travers la mise sur pied de banques céréalières (BC) et l’intensification de la production agroalimentaire;
  • améliorant les revenus des ménages vulnérables et des femmes par le biais de travaux à haute intensité de main-d’œuvre et la mise sur pied de nouvelles microentreprises.

Le projet Femmes et sécurité alimentaire (FSA) a été exécuté par l’Alliance agricole internationale (AAI) sous le leadership du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI). Le rôle d’UPA DI dans ce projet a consisté en un appui-conseil au niveau de la gestion du projet et au renforcement des compétences de l’équipe du projet par une formation sur les services-conseils.

Résultats :

 Malgré le contexte politique et sécuritaire difficile, le projet a atteint des résultats très satisfaisants et a amélioré les conditions de vie des ménages dans quatre-vingt-cinq villages des cinq communes d’intervention. Par exemple, les activités de récupération des terres dégradées et l’adoption de nouvelles techniques de production ont permis d’augmenter les rendements agricoles. Ainsi, des augmentations de 20 à 30 % des rendements ont été obtenues dans trois communes grâce à l’introduction des semences améliorées, des houes à traction asine et des techniques de conservation des eaux et des sols/défense et restauration des sols (CES/DRS). Les rendements obtenus, chez un échantillon de producteurs bénéficiaires de ces appuis, sont de 712 kg/ha contre 550 kg/ha dans les parcelles témoins.

Des groupes de personnes plus vulnérables (principalement des femmes) ont pu entreprendre des activités génératrices de revenus, telles que l’aménagement de sites maraîchers ou l’élevage de petits ruminants. Ces groupes ont ainsi pu recréer leur épargne traditionnelle et subvenir aux besoins alimentaires de leurs familles durant les crises alimentaires de 2010 et 2011. Les participants ont d’ailleurs repris à leur propre compte certains objectifs du projet et entreprennent désormais plusieurs activités à partir de leurs fonds propres.

Une dynamique de développement local a ainsi pris naissance avec le projet. La pérennisation de cette dynamique est maintenant la clé de la réussite. C’est en grande partie sur les autorités communales et les services techniques départementaux que reposent désormais les suites du projet. Grâce aux formations qu’elles ont reçues, ces structures locales gèrent dorénavant beaucoup mieux leurs activités et procèdent régulièrement à des autoévaluations. Les maires ont été largement sensibilisés à l’importance de cette pérennisation et ont intégré les réalisations du projet à leurs plans de développement communaux. Le rôle des structures locales consiste principalement à assurer le suivi et le contrôle des banques céréalières afin que leur gestion soit efficace et transparente. De plus, elles doivent veiller au maintien des périmètres maraîchers aménagés et au suivi de la coopérative des multiplicateurs de semences améliorées, qui contribuent à renforcer le niveau de sécurité alimentaire en milieu rural et à réduire la pauvreté.

Un dispositif de veille aux niveaux village et commune a été mis en place. Quatre-vingt-cinq comités de sécurité alimentaires (CSA) ont été mis en place et formés sur le suivi local de la sécurité alimentaire. Ces CSA tiennent régulièrement des assemblées générales villageoises avec tous les acteurs locaux (hommes, femmes, jeunes, agriculteurs, éleveurs) et rendent disponible, en temps réel, l’information sur la sécurité alimentaire locale au niveau des villages et des mairies.

Le projet, en privilégiant l’autonomisation et la participation des femmes, clé de la sécurité alimentaire durable, a ainsi posé les jalons de la lutte contre la pauvreté dans ces cinq communes de Tahoua et Keita.

Partenaires d’intervention :

Alliance agricole internationale, Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI); Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI)

Financement :

Affaires mondiales Canada (anciennement l’Agence canadienne de développement international), Centre canadien d’étude et de coopération internationale (CECI)

 Axes d’intervention :

Production agricole et environnement