Partenaire

Fondation pour le développement économique et social (FODES-5)

Période de réalisation

2010 à 2014

Description

Le programme Gestion communautaire des ressources naturelles, qui s’inscrit dans le cadre du programme Les Savoirs des gens de la terre (LSGT), vise à renforcer les capacités des communautés rurales ciblées à gérer collectivement leurs ressources naturelles dans le meilleur intérêt présent et futur de tous leurs membres.

Étant donné les graves problèmes d’érosion hydrique dans la zone ciblée en Haïti, une approche par bassin versant a été retenue. Dans chaque microbassin versant (MBV), un comité de gestion du bassin versant composé de paysans, de représentants d’organismes impliqués dans la gestion des ressources naturelles et de leaders locaux a été mis sur pied. Ce comité était responsable d’élaborer un plan d’aménagement du terroir ou du microbassin versant en collaboration avec le personnel du projet. Ce plan d’aménagement comprenait la réalisation d’un projet agroenvironnemental collectif en priorisant la protection ou l’aménagement des zones les plus à risque ou les plus critiques pour la sauvegarde des ressources naturelles de la communauté (ex. : ravines particulièrement dégradées, tête de source et aires de recharge de la nappe phréatique). Le comité était aussi responsable d’impliquer le reste de la communauté par le biais de sondages et d’assemblées communautaires. Ainsi, l’ensemble de la communauté a aussi été impliqué à chaque étape du processus en vue de susciter une prise de conscience commune et la cohésion sociale essentielle à la réussite du projet.

Les membres du comité de gestion ont été formés pour pouvoir remplir ces rôles. De la formation a également été offerte aux paysannes et paysans à propos de différentes pratiques agroenvironnementales apportant des solutions aux problèmes identifiés. Un appui-conseil leur a été fourni afin qu’ils puissent mettre en pratique leurs apprentissages.

Au moment même où UPA DI se préparait à démarrer sur le terrain les activités du programme Gestion communautaire des ressources naturelles, un tremblement de terre s’est abattu sur Haïti, semant la destruction et le chaos dans le pays. À la suite de ce séisme, des centaines de familles se sont réfugiées dans la zone de Labrousse, laquelle était déjà aux prises avec des problèmes de pauvreté, d’insécurité alimentaire et de fragilisation de l’environnement. En réponse aux besoins alimentaires et financiers accrus de la zone, UPA DI a conçu et mis en œuvre le projet « Post-séisme » pour lequel elle a reçu du financement de l’Agence Canadienne de développement international (ACDI), du ministère québécois des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), de L’Œuvre Léger et de la Fondation Internationale Roncalli. Ce projet visait, entre autres, à mobiliser les paysans locaux et les nouveaux arrivés dans le cadre de travaux à haute intensité de main-d’œuvre pour la construction de terrasses et d’autres types d’aménagements antiérosifs sur une superficie totale d’environ deux cents hectares. Il visait aussi la construction de structures d’irrigation, l’amélioration des connaissances techniques des paysannes et paysans dans les productions ciblées (volailles, chèvres en enclos, arbres fourragers, abeilles, arbres fruitiers, maraîchage, etc.), l’amélioration de l’accès aux facteurs de production pour l’agriculture ainsi que la mise en place d’une ferme-école et d’une unité de transformation du manioc. Le projet Post-séisme a permis d’accroître la main-d’œuvre et les moyens financiers mis à la disposition des quatre communautés ciblées par le programme Gestion communautaire des ressources naturelles et, donc, d’en augmenter la portée. Un financement complémentaire de la part de Interchurch Organization for Development Cooperation (ICCO) a permis d’ajouter trois bassins versants supplémentaires.

Quelques mois plus tard, le soutien financier de la Fondation Louise Grenier a permis la mise en place d’un captage d’eau avec les installations appropriées permettant d’irriguer l’une des terrasses aménagées pour la production maraîchère dans l’une des communautés tout en fournissant de l’eau potable à la population.

Résultats

  • Les communautés locales dans les zones concernées par le projet se sont mobilisées pour la gestion de leurs ressources naturelles. Les paysans exploitant des parcelles dans ces zones se sont engagés, par contrat, à réaliser et entretenir des ouvrages de conservation des sols et de l’eau au niveau de leurs parcelles.
  • Deux cent vingt-deux hectares répartis dans six MBV ont été traités avec diverses techniques de conservation des sols, dont dix hectares en terrasses mécaniques. Ces aménagements ont résisté efficacement au passage des deux ouragans en 2012.
  • Deux cent cinquante-cinq petits entrepreneurs agricoles ont adopté de nouvelles pratiques écologiques. Une centaine de ces paysans maîtrisent si bien les différentes techniques de construction des terrasses qu’ils peuvent former des agronomes à ce sujet.
  • Des paysans de groupements voisins, qui n’étaient pas directement impliqués dans le projet et qui n’avaient pas reçu la formation, ont répliqué certaines techniques antiérosives sur d’autres parcelles non couvertes par le projet, et ce, sans financement extérieur.
  • L’adoption de nouvelles pratiques d’élevage des chèvres en enclos contribue à réduire le déboisement.
  • La production de fourrage a doublé dans le MBV de Lozier grâce aux aménagements antiérosifs.
  • Dix-huit hectares ont été aménagés pour la production maraîchère.

Financement

Affaires mondiales Canada (anciennement l’Agence canadienne de développement international)

Ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec (MRI)

La Fondation Jules et Paul-Émile Léger (L’ŒUVRE LÉGER)

Interchurch Organization for Development Cooperation (ICCO)

Fondation Internationale Roncalli

Axes d’intervention

Production agricole et environnement

Concertation entre les acteurs de l’agroalimentaire

Album photos