Partenaires :

Groupement des exploitants agricoles du Bénin (GEA-Bénin)

Fédération des unions de producteurs du Bénin (FUPRO-BÉNIN)

Période de réalisation :

2008-2011

Description :

LSGT est un programme intégré de formation et de développement de l’agriculture par les paysannes et paysans. Il favorise la synergie de la base au sommet des organisations paysannes partenaires en renforçant les deux pôles essentiels du développement de l’agriculture : les entreprises agricoles familiales et les organisations professionnelles agricoles (OPA). Le programme est composé de plusieurs volets s’adressant à divers groupes cibles au sein de ces organisations, ainsi que des volets thématiques. Chaque volet comprend un cursus de formation continue, accompagné de fonds de développement pour soutenir des activités et des services à caractère économique ou agroenvironnemental.

Les projets sont planifiés et menés par les participantes et les participants en fonction des besoins qu’ils ont eux-mêmes identifiés dans le cadre des activités de formation; le tout dans un contexte de meilleure communication entre la base des OPA et leurs instances.

Au niveau individuel (volet I), les participantes et participants mettent en pratique leurs apprentissages en réalisant un projet d’amélioration de leur exploitation agricole. Au niveau du groupement villageois (volet II) et de l’organisation faîtière (volet III), ils conçoivent et mettent en œuvre un projet de consolidation ou d’amélioration des services offerts à l’ensemble des membres.

Les fonds de développement assurent la pérennité des réalisations puisqu’ils constituent un capital de développement. Ce dernier croît au fil des opérations, demeure la propriété des organisations et génère la réalisation d’un volume d’activités concertées, en augmentation constante, contribuant ainsi au développement de l’agriculture.

L’accompagnement de cette démarche, sur une période de trois ans pour les paysannes et paysans, et de cinq ans pour leurs organisations, favorise également l’enracinement des résultats dans le milieu et leur pérennité bien au-delà de LSGT.

Aux volets I à III s’ajoute un volet visant la formation des formateurs endogènes ainsi que le volet Coopération de paysans à paysans, qui favorise les échanges d’expériences et d’expertises Nord-Sud, Sud-Nord et Sud-Sud. Ce dernier volet vise à mettre en relation les productrices et les producteurs dont le partage des savoirs devient source d’inspiration pour trouver des solutions à des problématiques communes.

En 2007, le programme débutait au Bénin avec deux OPA engagées et représentatives, soit la Fédération des unions de producteurs (FUPRO) à Bohicon et le Groupement des exploitants agricoles (GEA) à Porto-Novo, ainsi qu’avec six de leurs groupements. Ces deux organisations paysannes partenaires (OPP) ont mis sur pied une équipe dynamique et compétente d’animateurs-formateurs qui assure une formation et un accompagnement de proximité de qualité. Les ressources du milieu, notamment les centres communaux pour la promotion agricole (CECPA), se sont aussi mobilisées et ont appuyé les projets d’amélioration des entreprises agricoles à travers des conseils agronomiques et des formations sur mesure.

 Résultats (en 2011) :

Au sein des 119 entreprises agricoles membres des 6 groupements affiliés à la FUPRO et au GEA

Des 114 projets, qui devaient effectuer leur premier remboursement, 101 ont dégagé des bénéfices nets totaux de 12 064 970 FCFA, pour une moyenne de 119 455 FCFA. Quant au deuxième remboursement, 55 des projets qui sont rendus à cette étape ont réalisé des bénéfices moyens de 121 187 FCFA, ce qui représente une croissance par rapport à l’exercice précédent.

Un échantillon de 15 % des familles participant au programme LSGT démontre que :

  • 83 % ont amélioré leur productivité ou leur rendement.
  • 45 % ont diversifié leur production.
  • 94 % ont augmenté leur surface cultivée, dont 28 % par l’achat de terre.
  • 39 % ont construit de nouveaux bâtiments ou ont rénové leur habitation.
  • 89 % des enfants d’âge scolaire fréquentent l’école par rapport à 72 % pour le Bénin.

 

À la FUPRO

  • 34 tonnes de semences certifiées de maïs ont été produites la première année dans le cadre de son projet de multiplication et de fourniture de semences. En plus d’être de meilleure qualité, avec un taux de germination de 97 % et d’impureté de 0 %, leur prix est inférieur de 12,5 % à 22 % à celui pratiqué sur le marché. En cette première année, le projet n’a pas permis à l’OP d’atteindre les bénéfices escomptés. Ceci en raison de conditions climatiques difficiles au cours de la « petite saison », habituellement moins pluvieuse, et des pertes de récoltes connues par certains semenciers

.Au GEA

  •  16 000 sacs de jute ont été fournis à ses membres producteurs de noix d’anacarde par son service d’approvisionnement en sacs. Bien que le fonds d’investissement de 10 millions FCFA ait été reconstitué, l’OP compte réorienter son action vers un service de mise en marché collective d’huile de palme, jugeant insuffisants les bénéfices dégagés par l’opération.

Au sein des groupements villageois

  • Les trois groupements de la FUPRO ont démarré des services collectifs : achat groupé d’intrants agricoles, commercialisation collective de maïs et d’huile de palme, production et vente de rejets d’ananas. Les trois groupements du GEA ont aussi initié des services : achat d’une batteuse et installation d’une décortiqueuse de riz, production et vente de rejets d’ananas, commercialisation collective d’huile de palme. Les premiers résultats d’opération de leurs services collectifs sont à venir.

Ça change dans les villages

LSGT crée une dynamique nouvelle. Dans les familles, la prise de décision se fait plus souvent en consultation avec tous ses membres. Dans les villages, en cas de difficulté dans un projet, on se mobilise pour trouver des solutions et on le relance au besoin.

En outre, d’autres effets se font sentir :

    • Le commerce local est stimulé par l’augmentation des activités et l’accroissement des revenus.
    • Toutes les participantes et tous les participants ainsi que les groupements possèdent un compte dans un service financier décentralisé.
    • Les participantes et les participants tiennent tous à jour une comptabilité de leurs dépenses et recettes.
    • De nouveaux leaders émergent et prennent leur place au sein des instances locales et régionales.

Et ça continue…

À partir des remboursements effectués par les participantes et participants des projets de 1re génération, de nouveaux projets d’amélioration d’entreprises agricoles sont initiés dans les six villages. Depuis mars 2010, quarante-neuf nouveaux projets ont ainsi démarré. Et le processus se poursuivra les années subséquentes.

Ces nouvelles participantes et nouveaux participants sont soutenus par un système de parrainage et par l’appui d’animateurs endogènes formés à cette fin.

Financement :

Affaires mondiales Canada (anciennement l’Agence canadienne de développement international)

Axes d’intervention :

Développement des organisations professionnelles agricoles

Production agricole et environnement

Commercialisation collective des produits agricoles et autres services aux membres

Album photos: