La souveraineté alimentaire

Depuis quelque temps, la souveraineté alimentaire s’inscrit sur les lèvres des gens qui oeuvrent de près ou de loin dans les sphères de l’agriculture et de la coopération à l’échelle internationale. Pour l’heure, il n’existe pas encore de définition universellement reconnue pour la souveraineté alimentaire. Nous retenons celle du People’s Food Security Network (2002).

« Par souveraineté alimentaire, on entend le droit des peuples à définir leur propre alimentation et leur agriculture, à protéger et à réglementer la production et les échanges agricoles nationaux de manière à atteindre des objectifs de développement durable, à déterminer leur degré d’autonomie, à restreindre le dumping de certains produits sur leurs marchés et à accorder aux communautés locales de marins pêcheurs la priorité en matière de gestion de l’utilisation des ressources aquatiques et des droits y afférant. La souveraineté alimentaire ne va pas à l’encontre du commerce. Elle encourage, au contraire, l’élaboration de politiques et de pratiques commerciales allant dans le sens du droit des peuples à une production sûre, saine et viable sur le plan écologique. » Peoples Food Security Network (2002)

Le concept de souveraineté alimentaire force le monde à :

  • Revisiter le rôle de l’agriculture afin de reconnaître ses fonctions fondamentales.
  • Reconnaître que les produits agricoles et alimentaires ne sont pas des biens comme les autres.
  • Revoir les positions actuelles de nos gouvernements et ainsi admettre que le consensus de Washington sur lequel repose la négociation du cycle de Doha n’était pas une bonne base de négociation.
  • Avoir un engagement politique fort s’appuyant sur une lecture plus fidèle de la réalité, à savoir que l’agriculture est un secteur d’activité qui doit tenir compte des fonctions moins productivistes. En ce sens, la gestion des ressources naturelles, le maintien du tissu social et économique des communautés locales, l’occupation du territoire, sont autant de dimensions à considérer dans l’édification d’un nouvel ordre agricole mondial.
  • Réaffirmer la souveraineté nationale de tous les pays en ce qui a trait au développement agricole.

Partout sur la planète, l’agriculture joue un rôle primordial pour assurer aux populations leur nourriture quotidienne. En fait, l’agriculture, de par sa fonction nourricière, doit donner à chacun le droit à une nourriture accessible, adéquate et de qualité ainsi que le droit de la produire. La souveraineté alimentaire, qui est le droit des populations et des États à définir leurs propres politiques agricoles et alimentaires sans que celles-ci causent préjudices aux agricultures d'autres pays, répond à ce besoin. Il va sans dire que la souveraineté alimentaire est un concept qui joue un rôle clé à l’échelle internationale dans les stratégies amenant une réduction substantielle de la pauvreté. À travers la souveraineté alimentaire, les producteurs agricoles et les organisations paysannes doivent être reconnus comme acteurs essentiels dans la définition de ces politiques agricoles et autres politiques reliées de près ou de loin au milieu agricole.

La souveraineté alimentaire s’inscrit parfaitement à travers les six droits de MAÉ-MAÉ à la base d’une agriculture équitable. MAÉ-MAÉ représente la volonté des peuples à exprimer leur souveraineté alimentaire. Dans le cadre du MAÉ-MAÉ, la souveraineté alimentaire représente la pierre angulaire de la survie des nations.

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