Partenaires terrain :

Faso Jigi

Baabahuu Jici

Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM)

Période de réalisation :

1997 à 2009

Description :

La libéralisation du marché céréalier a permis au Mali, dans les années 1990, de passer d’un déficit céréalier à une situation d’autosuffisance. Les paysans, désormais responsables de vendre leurs propres céréales, se heurtaient cependant à de nombreuses difficultés : distorsion des prix du marché, accès difficile au crédit et faible pouvoir de négociation face aux acheteurs. En 1995, une quinzaine de groupements villageois intervenant dans les zones de Ségou, Niono et Bla ont décidé de se regrouper pour mieux faire face à ces problèmes. Deux ans plus tard, avec l’appui d’UPA DI, ils fondaient Faso Jigi, l’Espoir d’un peuple. Pendant les dix années qui ont suivi, UPA DI a continué de les appuyer à travers le Projet d’appui à la commercialisation des céréales au Mali (PACCEM). Cet appui s’est étendu aussi à une autre organisation paysanne basée dans la région de Diré, Baabahuu Jici.

À Ségou, Faso Jigi a mis sur pied un système collectif de mise en marché des céréales, outil privilégié pour améliorer les revenus de ses membres. Le PACCEM visait à accompagner Faso Jigi dans l’atteinte de son autonomie organisationnelle et financière. Au fil des ans, l’appui fourni par le projet s’est donc graduellement éloigné de l’exécution directe pour se transformer en un appui-conseil, Faso Jigi assumant maintenant l’entière responsabilité de la gestion du système de mise en marché. Afin de soutenir plus particulièrement l’implication des paysannes, le PACCEM a appuyé aussi la mise en place de groupements de femmes productrices d’échalotes et facilité leur intégration au sein de Faso Jigi.

Dans la région de Diré, le PACCEM a appuyé la consolidation de Baabahuu Jici, la production et la mise en marché du blé. Tout comme à Ségou, le PACCEM a soutenu des activités spécifiques pour les femmes, par exemple la gestion de batteuses de blé. Le PACCEM a également favorisé leur participation active au sein de Baabahuu Jici et de la filière blé. Le projet visait d’ailleurs à développer la concertation entre tous les acteurs de cette filière, tant au niveau régional que national.

L’appui aux deux organisations s’est poursuivi en fonction des financements disponibles. Ainsi, de janvier 2013 à juin 2015, un projet financé par la Banque mondiale, avec l’appui du Fonds international de développement agricole (FIDA), a permis à Faso Jigi d’accroître la performance de la commercialisation du riz, des céréales sèches et de l’échalote. Ce projet a été réalisé dans le cadre du programme Paysans contre(nt) la pauvreté/Afrique (FFP/AFRICA) d’AgriCord.

Résultats :

En rétrospective, on peut affirmer que la réalisation du PACCEM a contribué au développement économique et social de la région de Ségou. Parmi les résultats obtenus, notons que :

  • Faso Jigi est bien implantée dans la région de Ségou et gère de façon démocratique et transparente toutes les activités du système collectif de mise en marché.
  • Le leadership et la crédibilité de Faso Jigi sont établis et reconnus dans la filière céréalière du Mali.
  • Par le biais des paiements anticipés et des ristournes, les revenus des producteurs membres s’améliorent par l’acquisition de moyens de production et l’augmentation des rendements à travers des achats groupés d’intrants agricoles.
  • Des productrices d’échalotes sont partie prenante de Faso Jigi. Elles assurent la mise en marché collective de leur production.
  • Des productrices sont professionnalisées face à leurs activités économiques et initiées à la dynamique organisationnelle.

À la clôture du PACCEM, en juin 2009, Faso Jigi était autonome financièrement à 70 %, et elle était en mesure d’assumer elle-même la bonne marche de ses principales activités. Faso Jigi demeure un modèle d’organisation à privilégier pour soutenir le développement de l’agriculture au Mali et contribuer à la sécurité alimentaire du pays, contribuer à la réduction de la pauvreté, professionnaliser le monde agricole et défendre ses intérêts, développer des liens d’affaires avec les institutions financières et favoriser la reconnaissance de la contribution des femmes au développement de l’agriculture. En 2012, en plus du prix du marché obtenu lors de la vente des céréales de ses 2 500 membres, Faso Jigi a redistribué à ceux-ci des ristournes totalisant 272 000 $ CAN. Ceci représente environ 110 $ par producteur, ce qui constitue une belle réussite, considérant que le revenu moyen annuel au Mali est d’environ 500 $. Par ailleurs, Faso Jigi a reçu le prix de la meilleure organisation paysanne lors du Forum sur la révolution verte en Afrique (AGRF 2012) organisé par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), en septembre 2012, en Tanzanie.

Quant à Baabahuu Jici, dans la région de Diré, ses capacités ont été consolidées et renforcées :

  • L’intérêt des membres envers leur organisation est confirmé et ils participent activement à la gestion.
  • Les femmes sont intégrées dans la filière par l’entremise d’activités génératrices de revenus, leur revenu est amélioré et elles participent activement à la gestion de Baabahuu Jici.

Au plan de la production, le PACCEM a permis :

  • de redynamiser le service semencier de la région sur la base d’une entente contractuelle entre les parties;
  • d’impliquer les conseillers agronomiques du ministère de l’Agriculture dans l’encadrement technique sur la base d’une entente contractuelle entre le ministère et le PACCEM;
  • de développer un produit financier pour permettre l’acquisition de motopompes en collaboration avec Nyèsigiso. Cette collaboration a permis l’implantation d’une caisse à Nyèsigiso et un comptoir de services à Goundam;
  • d’introduire de nouvelles motopompes et développer un programme de gestion de ces motopompes;
  • de faciliter l’acquisition d’intrants de qualité au niveau de la zone, et ce, en toute transparence;
  • d’introduire à titre de phase test la traction animale avec charrue et des batteuses fabriquées au niveau de l’Office du Niger.

Toutes ces actions ont permis d’accroître le rendement moyen à plus de 3,5t/hectare comparativement à 1,5 t/hectare avant l’intervention sur la base du respect des conseils agronomiques et du calendrier agronomique. Elles ont permis, pour la première fois, de vendre jusqu’à 1 500 tonnes de blé aux Grands Moulins du Mali. Un blé considéré de qualité pour la fabrication du pain selon les analyses faites en laboratoire et les commentaires reçus des Grands Moulins.

Quant au projet plus récent réalisé avec l’appui de la Banque mondiale et du FIDA, il a permis à Faso Jigi :

  • d’actualiser son plan marketing et sa stratégie de mise en marché collective;
  • de disposer d’un point de vente pour mettre en valeur ses produits auprès des populations locales;
  • d’atteindre une capacité de stockage de 5 400 tonnes au niveau des magasins centraux;
  • de réviser les guides destinés aux conseils d’administration des coopératives locales membres de l’organisation.

Partenaires d’intervention :

Fonds international pour le développement agricole (FIDA)

AgriCord

Financement :

Affaires mondiales Canada (anciennement l’Agence canadienne de développement international)

UPA DI

Développement international Desjardins (DID)

Fonds commun de développement canado-malien (FCD)

Banque mondiale, en passant par AgriCord

La Fondation Jules et Paul-Émile Léger (L’ŒUVRE LÉGER)

Axes d’intervention :

Développement des organisations professionnelles agricoles

Production agricole et environnement

Commercialisation collective des produits agricoles et autres services aux membres

Album photos: